2015 Appartenir en Qn

 

Responsables : pour l’EA CLARE, Gérard Peylet (PR Littérature moderne et contemporaine, directeur du LaPRIL) et Hélène Saule-Sorbé (PR Arts plastiques et Sciences de l’art, membre d'ARTES) et, pour l’EA ADESS, Yves Raibaud.

Greffée sur un des deux axes de recherche prioritaires de l’Université, Espace, Ville, environnement, cette action a été menée en partenariat avec les géographes de l’UMR ADESS, avec un séminaire régulier, des journées d’étude et, pour finir, un colloque en janvier 2014.

Un volume est paru : L'appartenir en question. Ce territoire que j'ai choisi, Gérard Peylet et Hélène Saule-Sorbé (dir.), Pessac, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2015.→

 

Il s’agit à travers cette notion d’interroger l’interaction de l’homme et de son milieu. Dans quel sens le lien d’appartenir se fabrique-t-il ? Il nʼy a pas de production mécanique de ce sentiment. Lʼappartenir laisse entendre que tout se reconfigure sur un mode imaginaire. Cet attachement complexe n’évolue-t-il pas avec le temps ? Dans quelle mesure l’effet miroir que renvoient la littérature et les arts peut-il stimuler le sentiment d’appartenir à un coin de planète, un quelque part, un biotope ? L’homme, en constant déplacement, ne trouve-t-il pas des racines, essentielles à son équilibre, à travers une géographie intérieure ? Il nous a semblé que des spécialistes en littérature, en art, en communication, des sociologues, des anthropologues, des philosophes, pouvaient se rencontrer, avec des géographes ainsi que des chercheurs paysagistes, autour de cette question en essayant de donner une définition à cette notion complexe et dynamique. Télécharger la présentation complète du projet.
Consulter le programme du séminaire.

Publication : L'appartenir en question. Ce territoire que j'ai choisi, Gérard Peylet et Hélène Saule-Sorbé (dir.), Pessac, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2015.

 Manifestation 2012-2014 :

← Coll2014 01Lappartenir AFFICHE COMPRESSEoque de clôture 2014

2012 (5 mars), ART, ANASTOMOSE ET TERRITOIRE, Table ronde autour de Stéphane Thidet

• Journées d’étude

23 février 2012 : Friches à l’œuvre, Université Bordeaux 3 et ENSAP-Bordeaux (responsables : Hélène Saule-Sorbé et Hélène Soulier) ;

5 mars 2012 : Anastomoses, Université Bordeaux 3 (responsable : Pierre Baumann) ;

25 mai 2012 : L’écrivain et son Limousin, Université de Limoges (responsables : Claude Filteau et Thomas Bauer, Université de Limoges) ;

25-29 mars 2013 : Ville, art et nature, MJC Berlioz, Pau, journée d’étude appuyée sur le Workshop Tremblements, avec l'architecte et urbaniste japonais Kinya Maruyama (responsables : Hélène Saule-Sorbé et et Daniel Hebting) ; 

11 avril 2013 : Le Limousin et ses horizons dans l’œuvre de Georges-Emmanuel Clancier, Université de Limoges (responsable : Thomas Bauer, Université de Limoges) ;

27 mars 2014 : Présence artistique sur un territoire, l’emprise de l’art et de ses acteurs sur le développement local et social, Université de Pau (responsables : Hélène Saule-Sorbé et Shantala Lescot).

• Workshops

Anastomoses, 2-6 avril 2012 à Bordeaux/Sète ;

Tremblements avec l’architecte, paysagiste et workshopper japonais Kinya Maruyama, avec les étudiants de Master 2 Arts plastiques de l’UBM et le collectif Berlioz à Pau.

Les recherches antérieures et actuelles des deux porteurs de projet convergent vers le rapport de l’homme et de son terroir, l'interaction de l'homme et de son milieu. L’équipe mobilisée s’attachera à apporter des réponses à la question : l'homme, en constant déplacement, en délocalisation forcée, ne trouve-t-il pas des racines, essentielles à son équilibre, à travers une géographie intérieure ?

Des spécialistes en littérature, en art, en communication, des sociologues, des anthropologues, des philosophes, peuvent se rencontrer, avec des géographes, ainsi que des chercheurs paysagistes, sur le rapport de l’homme et de son terroir.

Le sujet que nous proposons, « L’Appartenir », concerne le terroir, la région, le vernaculaire, la représentation que les hommes ont et donnent de ce terroir, de cette région ainsi que l’évolution des comportements humains et sociaux par rapport à cette notion. En quoi ce sentiment concerne-t-il notre mode de vivre en société ? Il n’y a pas de production mécanique de ce sentiment. L’appartenir laisse entendre que tout se reconfigure sur un mode imaginaire, que c’est un vivre. Comment peut-il se partager? Cette notion pose la question de la sociabilité et celle de la production partagée de signes, de formes et d’effets. Appartenir à quoi ? On sera conduit par exemple à s’interroger sur deux dangers potentiels : appartenance individualiste à un clan, un club, une bande etc., ou bien l’idéologie séduisante de « citoyen du monde » (cf. Pierre Manent), qui révèle le danger d’un désagrégement de ce sentiment que l’on retrouve chez ceux qui sont dans la bulle internet.

Quelle différence faisons-nous entre l'appartenir et l'appartenance ? Nous tenons à cette distinction. En effet, l'appartenance est un substantif, c'est-à-dire ce qui fige, fixe et fige la relation à la terre et à la culture. Dans l'appartenance, l'individu « appartient » à quelque chose, de sorte qu'il devient objet de ce à quoi il appartient : il est le quelque chose de quelque chose. Cette relation passive empêche toute forme de créativité : l'individu « appartient à »..., et ne peut envisager aucun avenir en dehors de sa communauté ou de sa terre.

L'appartenir, au contraire, est un verbe substantivé, c'est-à-dire qu'il est dans l'acte, l'action, la création. L'individu n'appartient plus à quelque chose, mais à quelqu'un (« La France est une personne », écrivait Michelet), de sorte que la relation qu'il entretient avec sa terre, sa communauté, etc., est une relation vivante. L'individu est à la fois l'héritier d'un passé, et le créateur d'une nouvelle aventure qui sera comme une nouvelle pierre insérée dans l'histoire d'un territoire ou d'une nation. Loin d'être le quelque chose de quelque chose, il est quelqu'un transformant une géographie en personne. (c'est peut-être pour cela que les peuples ont leur personnalité propre, ce que Hegel appelait « l'esprit d'un peuple »).

Une démarche pluridisciplinaire

À travers la littérature et les arts et, en dehors des arts, à travers des témoignages directs, des enquêtes, nous souhaitons étudier la façon dont les individus parviennent à construire, en relation avec l’espace qui les environne, une identité à la fois personnelle et collective.

Notre recherche se veut exploratoire. Nous ne travaillons pas sur un objet prédéfini dans une discipline. Nous espérons mieux comprendre des phénomènes, des transformations qui marquent notre société aujourd’hui.

En ouvrant ce champ de recherche, nous souhaitons, à travers une double démarche, l’une plus intellectuelle, l’autre plus pratique, nuancer le poids des théories qui s’imposent sur l’appartenance (mot que nous n’avons pas choisi) jusque dans le sens commun, apporter des contradictions aux évidences qui auraient valeur d’acquis, remettre fondamentalement sur le métier les compétences des sciences humaines dans leur rencontre avec les lettres et les arts. Ceux-ci n’interviennent pas dans notre projet comme simple illustration. Il faut les considérer comme des lieux privilégiés pour la compréhension du phénomène que nous étudions : ils accompagnent, témoignent, préparent. Il ne faut pas oublier non plus qu’à l’intérieur des littératures et des arts il y a une force théorique qui n’est pas dite sur le mode du concept, mais qui est là.

Notre objectif n’est pas de réunir des disciplines en « pariant » sur leur intelligence particulière et la probabilité qu’émerge un résultat d’ensemble. Notre projet de recherche repose sur la mise en pratique entre ces disciplines d’une intelligence appliquée, qui se met à l’ouvrage.

 Présentation de l’équipe :

1- deux responsables pour l’ensemble de l’action : les deux porteurs du projet

Gérard Peylet, PR Littérature moderne et contemporaine Bordeaux 3, directeur dans l’équipe CLARE de la composante LaPRIL.

Hélène Sorbé, PR Arts plastiques et Sciences de l’art Bordeaux, membre d’ARTES, équipe CLARE.

2- un comité scientifique largement pluridisciplinaire dirigé par les deux responsables du projet et un responsable dans chaque équipe partenaire de l’équipe CLARE, à Bordeaux et en dehors de Bordeaux.

Gérard Peylet, Hélène Saule-Sorbé (CLARE, Bordeaux 3)

Yves Raibaud (ADES, Bordeaux 3)

Alain Mons (MICA, Bordeaux 3)

Hélène Soulier, ENSAP, Bordeaux

Thomas Bauer, DYNADIV, Limoges

Didier Christophe, Massif Central, pour les autres chercheurs impliqués 

Nos travaux ou actions se concrétiseront selon deux formats :

            1 – Des actions « légères » de fréquence variable :

Il s’agira de séminaires, workshops, journées d’études, conférences ou tables rondes, etc., sur des questions ciblées. Certaines journées ponctuelles, actions ou expositions seront consacrées à la littérature et à l’art. D’autres seront tournées résolument vers la géographie, la sociologie, la communication.

• le séminaire pluridisciplinaire composé de 21 séances, réunissant enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants de master 2 dont les thèses ou mémoires présentent un lien manifeste avec les contenus de notre projet, pourront être un laboratoire propre à tester et à affiner les problématiques, sonder leur validité et leurs potentialités disciplinaires transversales.

Ces séminaires seront de nature diverse

 

• des workshops, conçus comme ateliers d’expérimentation/exploration réunissant des étudiants en arts plastiques, géographie, lettres, et des élèves de l’école d’architecture et de paysage de Bordeaux, ou de Lycée agricole

2- Des actions plus continues :

Un colloque intermédiaire (Lettres), centré sur le Romantisme, période cruciale quant à la prise de conscience de l’importance et de la fragilité des racines, du pays natal, face à la marche inexorable du progrès, proposera une mise en perspective historique de la question de l’appartenir dans ses liens dynamiques avec les ailleurs du voyage.  

Un grand colloque transversal pluridisciplinaire et international de trois ou quatre jours en ateliers parallèles au bout de la troisième année, réunissant tous les participants au terme de l’action, confrontera et articulera la globalité des recherches et réflexions effectuées dans le cadre des actions énumérées et explicité ci-dessus.  

• Publication d’un gros ouvrage collectif – le Livre résultant – sur L’Appartenir

A côté des journées d’études, des séminaires, des tables rondes, le grand colloque final donnera matière à la réalisation d’un livre (en un ou plusieurs volumes) à l’horizon 2014.  

                                                                       Gérard Peylet- Hélène Sorbé